25 - Flash-back
Je suis dans le noir. Je connais cette sensation. Je l'ai déjà connu.
Une lumière m'attire et je me retrouve dans mon bureau, à l'entreprise. Il est midi et mon père déjeune avec moi. Je dois lui parler.
– Salut mon fils ! Me dit-il en entrant dans la pièce.
J'ai déjà vu cet instant. Je le connais. C'est un des souvenirs que j'ai perdu. Celui que j'ai retrouvé quand je suis arrivé pour la première fois à l'agence.
– Salut papa ! Souris-je. Ça va ? Tu ne te sens pas trop seul dans ta minuscule maison ?
– Non ! Et puis, un peu de tranquillité ne me fait pas de mal ! Jude est souvent là aussi !
– C'est que vous devenez inséparables ! Ris-je.
– Comme ta femme et toi, rétorqua-t-il en souriant. D'ailleurs, comment va ma charmante belle-fille et mon cher petit-fils !?
– Eh bien, Sting est malade depuis trois jours, du coup, Lucy a pris des jours. Le pauvre, il est vraiment mal... Quant à Lucy... Et bien... souris-je en repensant à mes hypothèses.
– Eh bien ?
– Tu sais papa, je la connais par cœur, autant physiquement que psychologiquement. Elle n'a jamais été un secret pour moi...
– Oui, et donc ? S'impatienta-t-il.
– Eh bien... Je me demande si elle ne serait pas enceinte à nouveau, souris-je encore plus, fier de mon petit effet sur mon père mais aussi de mes hypothèses.
Mon père resta muet un moment, surpris que j'ai remarqué quoi que ce soit, surtout avant Lucy !
– Tu es sûr ? Finit-il par demander, un léger sourire aux lèvres lui aussi.
– Non, mais je reconnais les symptômes qu'elle avait quand elle était enceinte de Sting !
– Alors j'espère que c'est vrai !
– Moi aussi, soufflai-je. Lucy est rayonnante avec Sting, un deuxième enfant la rendra encore plus belle ! Et plus aimante ! Ris-je.
– Plus aimante ?! S'interrogea-t-il.
– Elle est très câline quand elle est enceinte ! Mais aussi super sensible, du coup, elle demande pleins de câlins et de bisous ! Même si parfois elle a des sautes d'humeurs terribles, frissonnai-je.
– Normal, s'amusa mon père.
On continua à discuter de la probable grossesse de ma femme jusqu'à la fin du repas.
Vers quatorze heures, je me préparai à partir. J'étais impatient de retrouver ma petite famille, et puis, j'avais promis à Luce de ne pas tarder. Connaissant son probable état, mieux valait ne pas l'énerver !
Mais Minerva arriva en catastrophe dans mon bureau. Il y avait eu un problème d'internet et il fallait remettre tous nos dossiers à jour !
Je laissai tout en plan et allai aider à tout remettre en place, mais nous avions fini que vers vingt-deux heures. J'étais crevé, épuisé et j'allai me faire tuer par Luce... J'avais des tas de messages et d'appels manqués d'elle et de mon père. Elle avait dû s'inquiéter de ne pas me voir rentrer... J'avais de la chance si elle dormait déjà quand j'arriverai, j'aurai peut-être la chance de me reposer dans ses bras...
Mais manque de chance, elle m'attendait. J'allai passer un sale quart d'heure !
En m'apercevant, elle se leva brutalement du fauteuil où elle était. Elle était allée trop vite et elle semblait épuisée. Ce n'était pas bon ça, surtout dans son état.
Comme je le pensais, elle perdit pied et je la rattrapai in extremis avant qu'elle ne tombe sur le sol et qu'elle ne se fasse mal. Je la reposai sur le fauteuil, assise, et m'accroupis en face d'elle, inquiet de la voir si mal.
- Pardonne-moi Luce... lui soufflai-je, essayant d'atténuer sa colère.
- Tu aurais pu me prévenir ! Me cracha-t-elle en se tenant la tête.
- Je sais, mais j'ai été pris de court... essayai-je de m'expliquer.
- Je ne suis pas bien en ce moment, Sting est épuisant et toi tu n'es même pas là pour m'aider ! Je me demande vraiment ce qui compte le plus pour toi, ton entreprise ou ta famille ! Me cria-t-elle en pleurant.
J'avais horreur quand elle disait ça. Heureusement, c'était extrêmement rare.
- Je n'aime pas quand tu me reproches ça, Lucy, lui reprochai-je. Tu n'as pas le droit de me reprocher ça.
- Ah oui ? Eh bien je le fais ! Sting t'a réclamé toute la soirée en pleurant ! Heureusement que ton père est venu m'aider !
Oui, elle devait bien être enceinte vu comment elle était chiante ! Elle n'allait pas me lâcher de la soirée si je n'y mettais pas fin d'une façon ou d'une autre et ça allait monter dans les décibels.
- Bon, on ne va pas se battre ce soir, je suis fatigué et toi tu es dans un sale état, viens, on va se coucher, décidai-je en passant mes mains sous ses genoux pour la porter.
- Non ! Non, Natsu ! Tu évites les sujets qui fâchent à chaque fois ! On va faire l'amour, et on en reparlera plus et au final, rien ne sera arrangé ! Essaya-t-elle de m'empêcher en débitant tout un tas d'absurdités.
- Ne t'inquiète pas, vu ton état et ton énervement, je ne pense pas te toucher ce soir ! Raillai-je méchamment en me relevant avec elle dans mes bras.
- Espèce d'idiot sans cervelle ! Cria-t-elle. Pose-moi Natsu ! J'en ai marre !
- Qu'est-ce que tu veux à la fin ? M'énervai-je en la posant violemment au sol sans pourtant la lâcher vu qu'elle ne tenait pas sur ses pieds.
- Une journée Natsu, demain, juste toi et moi, on confiera Sting à ton père, me demanda-t-elle.
- Mais pourquoi ?! M'étonnai-je.
- Parce qu'on ne sort plus ! À part coucher ensemble, on ne fait plus rien !
N'importe quoi. Elle divague. Elle est fatiguée. Mais bon, moi aussi je le suis et j'ai encore tout un tas de boulot demain !
- Mais je travaille Lucy ! M'opposai-je.
- Prends ta journée !
- Non ! Et ça suffit, maintenant, on va se coucher !
- Mais...
- Continue et je me casse, la menaçai-je, à bout de nerfs et crevé.
- Eh bah vas-y, casse-toi ! répliqua-t-elle.
La goutte d'eau. Je voulais prendre sur moi mais j'en peux plus. Elle non plus. On a tous les deux besoin d'une nuit de sommeil. Je la lâchais, la faisant tomber car elle ne s'y attendait pas. Je m'en voulus immédiatement de la traiter comme ça mais, par fierté, je ne me suis pas retourné et j'ai récupéré ma veste que j'avais laissé sur le canapé.
- Natsu ! Me rappela-t-elle, en larmes et écroulée par terre.
- Non, c'est bon Lucy, je suis crevé, Sting m'a empêché de dormir cette nuit et j'ai travaillé comme un dingue aujourd'hui. J'ai besoin de me calmer.
Dans la voiture, je frappai sur le volant en roulant comme un dingue. La vitesse me calmait. Au bout de deux heures, je m'arrêtai. J'étais loin, bien trop loin de Magnolia. J'espérai que Lucy ait pu se rendormir, qu'elle aille bien. Je m'en voulais d'y être allé aussi fort. Je n'aurais pas dû partir. Je n'aurais pas dû la laisser seule avec Sting dans un état de faiblesse comme ça. Je suis un mauvais mari. Un mauvais père.
– Lucy... soufflai-je en regardant les étoiles. Pardonne-moi, Luce... J'arrive...
Je me réinstallai correctement, roulant plus prudemment et rentrai à la maison. Je savais que ça allait être ma fête mais je n'avais pas d'excuse là. Je me suis mal comporté, Lucy n'était pas dans son état normal, et je le savais.
Le trajet fut long, bien trop long. Il me restait encore une heure devant moi. J'étais trop pressé, trop impatient et surtout, trop fatigué.
Je m'arrêtai sur le bord de la route, un instant, juste un tout petit instant pour pouvoir fermer les yeux quand quelqu'un toqua à ma fenêtre.
Je l'ouvris un peu, pas beaucoup, on ne sait jamais, et une charmante jeune femme me demanda si j'avais besoin d'aide. Je lui répondis que tout allait bien, que j'avais fait une longue route et que j'avais besoin de repos.
Elle me sourit et ses yeux se portèrent sur le tableau de bord où il y avait mon badge du bureau. Ses yeux s'écarquillèrent et me regardèrent à nouveau.
– Vous... Vous êtes Natsu Dragneel ? Le PDG ?
– Euh... On se connaît ? Demandai-je, curieux.
– Euh... Non, non. Vous êtes connu, c'est tout.
– Oh, d'accord. Désolé, mais je dois partir...
Elle me sourit et remonta sur sa moto. Je rallumai le moteur en souriant poliment et continuai ma route.
Soudain, un deux roues surgit de nulle part en face de moi, pour l'éviter, j'ai mis un énorme coup de volant et fonçai dans un arbre. Ma pauvre voiture...
Je m'étais cogné, j'avais mal à la tête, je saignais aussi... Je crois que je devais avoir une ou deux côtes cassées aussi...
Difficilement, je m'extirpai de la voiture. J'avais eu de la chance, juste derrière, il y a un ravin... Je tombai à genoux, j'avais mal partout... Il fallait que j'appelle quelqu'un. Luce... Il fallait que j'appelle Luce... Puis les pompiers.
Soudain, j'entendis un bruit de moteur, quelqu'un arrivait ! Mais... Mais c'était la fameuse moto ! L'enfoiré, il allait voir de quel bois se chauffait un Dragneel en colère !
– Oye ! L'appelai-je difficilement en voyant le motard approcher. Espèce d'idiot ! Vous ne pouvez pas faire attention ! Appelez une ambulance ! Il faut prévenir ma femme, je m'appelle Natsu Dragneel !
– Je sais, rit la personne.
Mais c'était quoi ça ? Comment ça, elle savait ?
Je vis la personne enlever son casque et vis apparaître une longue chevelure blond platine, plus clair que ma Luce.
Je l'avais déjà vu... Ce sourire, ces yeux... Oui, je l'avais déjà vu. C'était la fille de tantôt...
Elle posa son casque au sol et entra dans ma voiture. Je la vis prendre mes papiers, mon sac, mon téléphone et tout ce qu'il y avait et les jeta dans la rivière du ravin. QUOI ? D'où elle les jette dans la rivière !? Elle fit de même avec les plaques en riant de ma tête confuse.
J'étais de plus en plus mal, au bord du malaise, je n'étais même pas capable de l'en empêcher.
– Ne t'en fais pas mon chou, je suis infirmière, je vais t'emmener à l'hôpital, mais avant, je veux être sûre qu'on ne te retrouve pas !
– Pourquoi ? Soufflai-je.
– Parce que tu es mon plus grand rêve, avoua-t-elle en démarrant ma voiture pour la faire foncer dans le ravin. L'héritier de la colossal fortune Dragneel.
– Je ne suis pas le plus riche... grognai-je.
– Peut-être, mais tu es marié à une Heartfilia ! Eux, sont très, très riches, bien plus que vous. Associe vos deux fortunes, vos deux entreprises, plus ta beauté, car, de tous les héritiers, tu es l'un des plus beau et des plus aimables, et j'ai quelque chose de grandiose !
– Je suis marié, grognai-je en tentant de rester éveillé.
– Et alors ? Après le coup bien placé que je vais te donner tu ne t'en souviendras même pas ! J'aurai juste à attendre que ta femme aille voir ailleurs et le tour est joué !
– Tu ne t'en sortiras pas comme ça ! Ma famille me retrouvera et toute la vérité sera découverte ! Et je ne perdrais pas la mémoire si facilement !
– Mais bien sûr que si ! Rit-elle. Dans mon service, toutes les personnes arrivant avec un coup sur la tête là où je vais te le mettre souffre d'amnésie plus ou moins grave ! Bon, passons aux choses sérieuses, dit-elle en prenant une batte de baseball. Je vais t'assommer, ensuite je pourrai récupérer ce bijoux qui te sert d'alliance pour lui faire subir la même chose que tes autres affaires avant de t'emmener à l'hôpital, tu es prêt ?
Je le sentais mal. Elle n'allait quand même pas me frapper !? Mais elle était folle ! Je me relevai en m'aidant de l'arbre et essayai de m'éloigner le plus possible de cette folle. Mais je n'avais pas été assez rapide et elle me frappa le plus fort qu'elle pouvait sur mon crâne...
Je m'écroulai à ses pieds, sans rien avoir pu faire, en pensant à ma femme, à mon fils, à mon père, ma famille, ma femme...
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