29 - Explications 2
(NDA : Attention, le chapitre 28 a été modifié également)
Elle se recula puis alla s'asseoir sur la chaise à côté de moi. Le policier était au fond de la pièce, sur son téléphone, fidèle à son poste. Ça nous laissait de l'intimité qu'il ne prête pas attention à nous, même si je sais qu'il reste quand même à l'affût...
– Dis, Natsu, commença-t-elle, gênée. Est-ce que... Est-ce que tu te souviens de tout ?
– Oui, répondis-je un peu trop froidement malgré moi.
– De tout, de tout ? De moi, notre vie, Sting, de... D'elle, Nashi, etc...
– Oui, soufflai-je, bouillonnant de plus en plus, les larmes aux yeux.
Je me sentais trahi. De cet acte. Mais je m'en voulais de me sentir comme ça, et ça m'énervait encore plus. Parce qu'au final, c'était contre moi que j'étais énervé. J'avais une femme complètement détruite face à moi. Malgré sa grossesse, elle était maigre, ses joues étaient creuses, son teint cadavérique. Elle avait bien changé... Je ne pouvais pas dire qu'elle était moins belle car c'était un mensonge. Elle était juste moins rayonnante.
- Ton père m'a dit que tu savais...
- Oui, on me l'a dit...
Elle se leva puis s'abaissa face à moi, en larmes.
- Je suis désolée Natsu ! Je suis vraiment désolée !
Je suis gêné de la voir dans cet état. Dans ce double état.
- Luce... Luce, assied-toi, d'accord ? Raconte-moi...
Elle renifla en tremblant. Je tirai sur son bras et la forçai à me rejoindre dans le lit.
Le policier leva la tête mais ne dit rien avant de retourner à son téléphone.
– Alors, tu dois savoir qu'à partir du moment où tu as disparu et jusqu'au moment où... Où j'ai conçu cet enfant, je n'avais absolument rien fait...
Elle cherchait ses mots, elle m'expliquait ses actes et cherchait à s'excuser. Mais elle gagnait du temps. Je voulais passer à autre chose et ne plus en entendre parler. Je voulais que nos malheurs soient enfin derrière nous. Je n'avais qu'une envie : lui dire d'accoucher ! Mais, ça pouvait paraître assez malsain car je le pensais dans le sens figuré... Elle était enceinte. Elle était ma femme. Elle aurait pu m'abandonner, me laisser et voir d'autres types. Pire encore, elle aurait pu tomber dans les bras de ce Loic Vicious. Quand j'étais amnésique, il lui tournait déjà autour, et de ce que j'ai compris, ça faisait un moment ! Je vais rompre tous mes contrats avec son entreprise pour dragué à une femme marié !
– Lucy... Abrège s'il te plait... J'ai compris, je veux qu'on passe à autre chose... Grognai-je.
– En fait... Eh bien... C'est un peu compliqué... Je...
– C'est à dire ?
– Laisse-moi te raconter toute l'histoire avant... S'il te plait...
– Bien.
Mon ton était assez sec, froid et ça semblait la peiner. Je m'en voulais un peu mais c'était plus fort que moi. Elle était MA femme, et la voir dans cet état m'exaspérait. Mais, elle semblait avoir besoin de me parler, de se justifier et de s'excuser, et mémoire ou pas, je l'avais quand même trompée avec la psychopathe ! D'ailleurs, il allait falloir que je parle à l'inspecteur de ce qui m'est arrivé...
– Vois-tu, je me sentais de plus en plus seule. Grâce à Igneel, tu étais revenu à la maison mais tu étais dans le coma. Les médecins n'avaient aucune bonne nouvelle et je commençai à désespérer... Chaque nuit, je dormais près de toi, je mettais mes plus belles nuisettes dans l'espoir que tu te réveilles dans la nuit et que tu me serres contre toi... Mais tu ne te réveillais jamais. Chaque soir, tu étais là, contre moi, ta chaleur me berçait et... Et... Et... Sans parler de mes rêves qui n'aidaient pas non plus... Et...
Je ne l'avais jamais vu aussi rouge que ça ! Elle devait vraiment avoir honte... Au moins, elle regrettait, ça me soulageait. J'en avais aucun doute, mais le voir me rassurait. Elle n'était pas devenue une psychopathe qui profiterait de mon sommeil lorsque je serai rentré à la maison... Elle était juste désespérée... Toutes ses épreuves l'avaient dépassées.
– Et ? Demandai-je plus doucement en la rapprochant contre moi.
– Et je n'ai pas pu résister, se retourna-t-elle brutalement, plongeant ses yeux pleins de larmes dans les miens. Je... Tu étais là, et... Et je ne faisais que de me dire que peut-être tu te réveillerais en faisant ça, comme avant... Quand on se réveillait la nuit pour ça et ... Et... Je... Je t'ai à peine touché que... Que tu étais déjà parti un peu et... Et... Et... Bien sûr je ne suis pas allé jusqu'au bout ! Je... Je voulais juste... Enfin... Tu vois...
Mes yeux s'écarquillèrent en comprenant ce qu'elle essayait de me dire. Son désespoir l'a poussé à cet acte. On s'amusait souvent à ça, avant. Quand l'un de nous se réveillait dans la nuit, ou le matin, on aimait réveiller l'autre de cette façon. On aimait cette sensation de réveil avec le plaisir. Toute ma tension se relâcha. Je n'avais qu'une envie : rire. Elle bafouillait, elle était toute gênée, elle avait honte et malgré moi, je la trouvais mignonne. Surtout que le policier était à côté. Il entendait, ce n'était pas simple pour elle.
C'était donc pour ça que les autres évitaient de me parler d'elle, ils étaient tous au courant ! C'est vrai qu'ils avaient dû se poser des questions quand elle leur a appris sa grossesse. Ça avait dû être dur de leur expliquer qu'elle était enceinte de moi alors que j'étais dans le coma...
C'est que j'étais doué quand même, réussir à mettre ma femme enceinte sans le savoir ! Dans le coma, alors que les chances de fécondation sont quasi nulles. Lorsque nous étions jeunes, on nous avait bien sensibiliser à l'école que même sans éjaculation, il peut y avoir une grossesse. Les chances sont très faibles, mais ça arrive. Parce que les hommes, comme les femmes, ont un petit liquide qui sort nommé liquide pré-seminal. Normalement il ne contient pas de spermatozoïdes, mais ça arrive qu'il en ait. Je demanderai plus en détails à son gynéco.
Un rire m'échappa et elle s'arrêta dans son récit pour me fixer. Oh non, c'était foutu, je ne pouvais plus me retenir, surtout avec la tête qu'elle faisait !
– Natsu ! Ne te moque pas de moi ! S'énerva-t-elle en me frappant sur le torse de ses petits poings, vexée.
– Je n'arrive pas à y croire ! Ris-je plus fort. Tu as profité de moi, Luce ! M'amusai-je, la taquinant.
Je voulais détendre l'atmosphère. Je voulais revoir un sourire sur son visage. Je lui pardonnais, je le savais dès le début. J'étais un peu perturbé, et oui, C'est un viol et beaucoup ne pardonnerait pas. Mais je décide de pardonner, d'avancer. Je me mets à sa place, elle était fragile.
Je veux retrouver ma stabilité familiale, et c'est elle. Elle et nos enfants. Je nous veux heureux, très heureux.
Elle bouda en croisant ses bras et se releva pour sortir du lit. Elle était très, mais alors, très vexée. Je la comprends, ça doit être difficile d'avouer tout ça.
C'était ma Luce, ça.
Je me relevai difficilement pour la rattraper. Heureusement, j'avais été assez réactif et elle n'était pas encore sortie du lit.
Mais j'ai basculé, l'entrainant avec moi. Elle cria de surprise mais réussit à empêcher notre chute, se retournant pour me tenir correctement. Le policier sursauta et vint nous aider. Ils me replacèrent dans le lit. J'avais mal partout.
– Mais tu es fou ! Me gronda-t-elle. Tu aurais pu nous faire mal, te faire mal !
– Mais tu partais, boudai-je.
– Tu te moquais, rétorqua-t-elle en haussant un sourcil.
– C'est que... C'est si drôle en même temps ! Me remis-je à rire.
– Non, ça ne l'est pas !
– Si !
– Non !
– Si !
– Non !
– Non !
– Si !
– Ah, tu vois ! Ris-je, la faisant une fois encore tomber dans le panneau.
Elle pinça fortement ses lèvres avant de les relâcher dans un souffle, un léger sourire sur les lèvres.
– Contente de te retrouver, Natsu, me sourit-elle en posant une main sur ma joue.
– Content d'être de retour, pris-je sa main. Je sais que c'est horrible de m'entendre dire ça après tout ce que je t'ai fait subir mais je suis soulagé que tu sois là, soufflai-je en serrant sa main et en l'embrassant.
– C'est vrai... Ce n'était vraiment pas facile... Mais malgré tout, je t'aime, Natsu, je n'aurais pas été capable de voir quelqu'un d'autre sans être sûre que nous deux, c'était bel et bien fini...
– Jamais... Je t'aime trop pour ça... Ma reconnaissance envers cette fille m'a aveuglée et je n'ai pas bien regardé la merveilleuse femme que j'avais déjà... J'espère que tu me pardonneras, Lucy... J'attendrai le temps qu'il faudra que tu acceptes de me refaire confiance, de te remettre avec moi, de repartager ton lit, tout. Si tu me donnes une seconde chance, je ferai tout pour te faciliter la vie...
– Natsu... souffla-t-elle. Bien entendu que je t'offre une deuxième chance ! Je t'aime ! Tu es mon premier amour et le père de mes enfants... Au début, je souffrais tellement de tout ce qu'il s'était passé que je n'étais pas sûre, en plus, les enfants, surtout notre fils, ont fini blessés et je m'en voulais tellement... Je t'en voulais tellement ! Mais je t'aimais malgré cela. Alors j'ai décidé d'attendre ton réveil. Puis je me suis rendu compte que la douleur disparaissait, l'avancée de l'enquête aidant... Enfin, pour tout te dire, je t'accepte avec plaisir ! Je te veux près de moi jour et nuit ! Me sourit-elle. Et puis... Toi, est-ce que tu me pardonneras ce que j'ai fait ?
– Tu étais déjà pardonné avant que tu n'entres dans cette pièce Luce...
Enfin, enfin nos retrouvailles. Celles que j'attendais, celles que j'avais imaginé.
Mes lèvres rencontrèrent les siennes avec amour et envie. Si je le pouvais, je lui ferais l'amour, là, tout de suite. Mais je ne pouvais pas. D'un, nous étions en pleine journée dans un hôpital, de deux, j'étais encore trop faible pour pouvoir m'occuper d'elle au maximum et de trois, nous avions des voyeurs !
– Beurk ! Nous interrompit Sting et se tournant vers Rogue.
– Beurk ! Imita Nashi, amusée en ouvrant grand les bras.
Luce sursauta et se retourna, me soutenant toujours.
Mon père fit une grimace en montrant les enfants. Ils devaient être impatients de venir avec nous.
- Vous aviez fini de discuter ?
- Oui, c'est bon, souris-je pour le rassurer.
Mon père sembla perdre 10 ans. Toutes ces histoires devaient vraiment le travailler. Il se faisait vieux, il était vraiment temps que je revienne ! Plus qu'à réussir à marcher !
Elle aida les enfants à monter sur le lit et s'assit vers moi, avec mon père.
J'aurai voulu rester un peu plus contre elle mais elle était enceinte et je n'étais pas léger...
Nashi grimpa sur mes genoux et m'embrassa la joue. Une larme coula sur celle de ma Luce. Je pouvais la comprendre. J'avais été très, mais alors extrêmement peu présent pour cette petite princesse et je comptais bien me rattraper !
En fin de journée, le médecin leur demanda de partir.
Mon père sortit avec les enfants et j'attrapai la main de ma femme pour la faire se baisser un peu et pouvoir l'embrasser à nouveau. Je ne pouvais me passer de ses lèvres, elles m'avaient trop manqué.
– Luce... Il faut qu'on parle, lui dis-je, sachant pertinemment qu'elle comprenait. Et il faut que je vois l'inspecteur aussi...
– Plus tard, Natsu. Pour l'instant, profitons de ton retour parmi nous et amusons-nous, on l'appellera et il viendra dans la semaine, d'accord ?
– D'accord...
Elle m'embrassa en me promettant de revenir le lendemain.
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