Chapitre 7
Vendredi 05 janvier 2016
Ichigo avait commencé une formation accélérée de l'école Sainte-Marie avec un professeur nommé Henri Lucas, le fils de la directrice, car il avait été stupéfait de son savoir-faire. Ce jour-là, elle avait du temps de libre alors elle était allée chercher Ringo un peu plus tôt à la crèche tout en ramenant un gâteau aux assistantes maternelles.
Elle s'arrêta en chemin à un parc de jeu pour qu'elle puisse s'amuser un peu quand elle vit Makoto passer le long du parc avec une jeune femme aux cheveux courts bouclés. Cette fille, elle l'avait déjà vu. C'était Koshiro Miya, une héritière qui étudiait dans la même classe que lui. À l'étonnement de tous, Makoto avait décidé de changer de cursus peu avant décembre, il trouvait le sien trop simple alors il avait réussi à intégrer l'académie Sainte-Marie, lui aussi, mais dans le cursus normal. Grâce à son intelligence, il avait pu rattraper son retard.
Mais, malgré leur école commune, ils ne s'adressaient pas la parole. Le jeune homme la snobait complètement. Mais elle s'en fichait, elle n'avait pas le temps de s'en faire non plus, Henri Lucas lui donnait beaucoup de travail, surtout en français, ce qui n'était pas sa matière préférée...
– Ichigo ! Cria un jeune homme blond en lui sautant dessus.
– Johnny ! Sursauta-t-elle.
– Ichigo ! Tu m'as manqué ! Pleura-t-il.
– Johnny, que fais-tu là ?! Le repoussa-t-elle.
– Je t'ai vu alors j'ai voulu venir te voir ! Lui sourit-il. Comment vas-tu ? Tu sembles fatiguée, c'est ce Henri Lucas ?! Il te fait trop travailler ! Je ne l'aime pas !
– Johnny ! Le frappa-t-elle. Il est très gentil ! C'est normal de beaucoup travailler ! C'est pour réaliser mon rêve de devenir une grande pâtissière ! J'ai beaucoup de chance, tu sais, j'ai une formation plus approfondie que n'importe qui ! Mes résultats sont plus que satisfaisants, sauf en français, c'est pour ça que je suis là, je me promène avec ma sœur.
– Salut Ringo ! L'appela-t-il.
La petite le regarda mauvaisement et lui montra son dos avant de sourire et de courir vers un autre blond.
– Koto ! S'écria-t-elle en tendant ses bras vers lui.
– Oh non, se désespéra Ichigo.
– Pourquoi il est là, lui !? Mais attends, cette fille avec lui... Miya !?
– Johnny ! Cria la bouclée.
Elle lui sauta dans les bras et Ichigo en profita pour s'approcher de Makoto pour récupérer sa sœur. Peine perdu, elle le tenait.
– Tu as déjà fini ? Demanda-t-il platement en regardant les deux autres se parler sans écouter, sans émotions.
– Hum. Henri-sensei avait une réunion.
– Je vois. Et lui ?
– Il est venu me rejoindre il y a cinq minutes, rougit-elle, honteuse sans comprendre pourquoi tout en évitant ses yeux glacials.
– On rentre, fit-il seulement.
C'étaient les premiers mots qu'ils s'adressaient depuis plus d'un mois, et les premières phrases depuis le mariage. Si elle ne le connaissait pas, elle aurait tendance à penser qu'il était jaloux à ce moment-là...
Ignorant les deux autres, il l'entraîna vers sa voiture mais au moment où elle allait monter à l'avant, Johnny la retint.
– Ichigo, il faut qu'on parle, c'est sérieux, lui dit-il en plongeant ses yeux dans les siens.
– Johnny...
– S'il te plaît, insista-t-il.
– Ma mère nous attend, grogna Makoto.
– Ta mère !? S'étonna Miya. Vous vivez ensembles !? Qui êtes-vous l'un pour l'autre !? Et ce bébé ?!
– Je t'expliquerai, la poussa Johnny.
– Vous vous connaissez ? S'étonna Ichigo.
– On est cousins. Mais ce n'est pas important. Ichigo, s'il te plaît !
– Je dois rentrer, plus tard, d'accord ? On s'appelle !
– Demain ! Mangeons ensembles demain !
– Désolée, s'excusa-t-elle. Je ne peux pas, je suis à l'école pour le week-end, j'assiste Henri-sensei pour un repas d'actionnaire...
– Encore !? Et ce soir ?
– Eh bien... Si on ne finit pas trop, d'accord ! Accepta-t-elle.
– Chouette ! S'enthousiasma-t-il. Je passe te prendre ce soir.
– Non, je te rejoins, dis-moi où tu veux aller, sourit-elle gentiment.
– Je t'envoie un message !
Elle sourit, un peu tristement et monta enfin dans la voiture de Makoto.
Le jeune homme ne décrocha pas un mot de tout le trajet. Mais, avant d'arriver devant son manoir, il s'arrêta sans la regarder ou lâcher son volant.
– Tu vas y aller ? Demanda-t-il soudainement.
– Où ? Voir Johnny ?
– Oui.
Son ton était froid. Elle était intimidée.
Pourquoi, alors qu'elle l'oubliait vraiment, enfin, elle essayait, il revenait vers elle ? À chaque fois, c'était comme ça. Elle mettait de la distance et il arrivait comme une fleur, comme pour le baiser, comme pour tout.
Et maintenant, le voilà qu'il lui reparlait. Juste au moment où elle essayait de l'oublier avec Johnny, au moment où elle réfléchissait sérieusement aux sentiments de ce dernier, au moment où il allait la demander en mariage, elle le savait, il lui en avait vaguement parler en début de semaine.
– Oui, je vais y aller, répondit-elle faiblement, hésitante.
En rentrant, elle prit sa sœur et alla voir son père qui était dans son atelier, dans son fauteuil roulant.
– Salut papa, dit-elle faiblement.
– Bonjour ma chérie, sourit-il. Salut toi ! Ajouta-t-il à la petite dernière en l'aidant difficilement à s'installer sur ses genoux.
– Tu te sens bien ? S'inquiéta Ichigo.
– Un peu faible, mais ça va. Et toi ?
– Un peu fatiguée, sourit-elle doucement.
– Tu travailles beaucoup trop, Ichigo, la sermonna-t-il. Mais je suis heureux que cela permette à ton rêve de se réaliser.
– Merci, papa.
– Et euh... Tu sais, Johnny est passé me voir...
– Ah... Dit-elle seulement.
– Je ne suis pas idiot, Ichigo. Je vois comment tu regardes Makoto et je vois comme il te regarde. Je vois à quel point tu marches sur des œufs dans cette maison... Je voulais ce qu'il y a de mieux pour vous, mais surtout pour toi ! Tu en faisais tellement...
– Papa...
– Laisse-moi parler, Ichigo. On va rentrer à la maison. On a assez abusé de la gentillesse des Kashino. J'engagerai une gouvernante pour t'aider avec les plus jeunes, d'accord ?
– Papa...
– Et j'accepte qu'une infirmière s'occupe de moi toute la journée, d'accord ? Alors rentrons. J'en parlerai à Hikaru et Rei. Commence à préparer tes affaires et celles de Ringo. J'en parlerai moi-même à Hiro et Natsume. D'accord ?
– Hum... Merci papa, lui sourit-elle à nouveau, triste. Je...
– Ichigo. Réfléchis correctement à la proposition de Johnny. Fais ce qu'il y a de mieux pour toi. Je te soutiendrais, peu importe ton choix.
– Merci... répéta-t-elle, émue.
Sentant qu'elle allait craquer, elle récupéra sa sœur et fonça jusque sa chambre tête baissée pour que personne ne la voit.
Elle sortit sa valise de sous son lit et commença à la préparer.
Son père avait raison. Elle devait faire son choix. Et elle avait déjà une idée de ce qu'elle allait faire.
Elle alla se préparer en essayant de cacher le mieux possible ses yeux rougis par les larmes mais ce n'était pas ça. Alors qu'elle rangeait sa valise sous son lit pour la cacher, la porte s'ouvrit et Makoto entra, surpris.
– Qu'est-ce que c'est ?
– Rien, mentit-elle sans pouvoir s'empêcher de rougir. Je dois y aller, lui tourna-t-elle le dos pour aller chercher Ringo qui jouait dans sa chambre.
– Tu t'es fait belle pour lui, remarqua-t-il, la gênant encore plus car elle le voyait comme un compliment. C'est pour quoi cette fois ? L'idiot de service à réussi à faire un gâteau ? Se moqua-t-il. Non, il a eu un compliment ?
La jeune femme vit rouge. Elle ne supportait plus cet air arrogant ! Elle alla vers lui à grandes enjambées, le visage furibond et le frappa aussi fort qu'elle le pouvait sans retenir ses larmes.
– JE TE HAIS ! Hurla-t-elle, son cri résonnant dans la maison.
Ringo éclata en sanglot, effrayée, puis quelques-uns passèrent leur tête dans l'entrebâillement de la porte pour voir ce qu'il se passait.
– Tu es la personne la plus égoïste, égocentrique, et insensible que je connaisse.
Elle essuya ses larmes du revers de la main, prit sa sœur dans ses bras, la confia à Natsume, récupéra son sac et elle partit en claquant la porte d'entrée.
– Bah bravo, le sermonna sa mère. Ce n'est pas comme ça que tu vas la récupérer !
– Ne dis pas n'importe quoi, grogna-t-il.
– Je sens que Johnny a toutes ses chances ce soir ! Rétorqua Natsume en regardant sa cousine, Kana.
– Je suis d'accord avec toi, approuva-t-elle.
– Comment ça, Johnny ?! S'inquiéta Rei qui désespérait de voir son fils cadet avec la brune.
– Il lui a demandé sa chance, il y a quelque temps et elle a accepté de sortir un peu avec lui, de temps en temps et tous les rendez-vous se sont bien passés, expliqua Kana, surprenant les Kashino qui n'étaient au courant de rien, sauf Sennosuke. Mais, cette semaine, il a commencé à lui parler mariage, il en a même parlé avec mon oncle. Il va lui demander ce soir.
– QUOI !? Non ! Mais je croyais qu'elle aimait mon Makoto ! Se désola la mère.
– Désolée, Rei, sourit tristement Natsume. Mais elle ne supporte plus cet amour à sens unique et puis, ils font leur vie chacun de leur côté ! Ichigo sort avec Johnny qui l'aime depuis toujours et Makoto avec Miya.
– Cette gamine pourri gâté excentrique qui crie et rigole comme une idiote à faire enfermer ?! Tu sors avec cette fille !? Sous le nez d'Ichigo !? Je ne suis pas fier de toi ! Je ne t'ai pas élevé comme ça !
– Ça suffit ! Gronda-t-il. Je suis majeur, je suis libre de faire mes propres choix ! Je ne suis pas né pour combler tous tes fantasmes !
– Makoto !
– C'est papa et toi qui nous avaient imposé leur présence, vous m'avez imposé SA présence, je ne suis coupable de rien !
– Makoto ! C'est impoli !
– Ne t'en fais pas, il a raison, fit Shigeru, qui était monté à l'entente de la dispute malgré sa faiblesse. Nous allons partir, j'aimerais rentrer chez moi et je ne peux imposer à mon aînée de rester ici et continuer de souffrir. En venant, je pensais la soulager d'un poids mais elle souffre. Avant, elle ne souffrait pas. Nous allons rentrer. Ce sera mieux pour tout le monde !
– Non, ne dis pas ça ! Essaya de le raisonne Hikaru. C'est nous qui avons insisté ! Et nous insistons encore !
– J'ai déjà pris ma décision, coupa-t-il en essayant de redescendre, très vite aidé par Sen et Kana.
– Shigeru.
– Ce n'est pas un adieu, mon ami. Nous nous reverrons !
– Vous... Vous allez vraiment partir ? Sanglota Miyabi.
– Tu viendras quand tu veux, petite Miyabi, lui dit Natsume en caressant ses cheveux. Tu veux bien jouer avec Ringo le temps que je commence à ranger mes affaires ?
– Hum... accepta-t-elle tristement.
Hiro alla ranger les siennes, aidé de de Satsuki et Natsume fit de même mais avec Ringo et Miyabi. Kana resta avec son oncle pour essayer de le convaincre de rester mais peine perdu, et finalement, elle était d'accord avec lui. Et puis, il voulait s'éteindre dans la maison qu'il avait partagé avec sa défunte femme...
Bạn đang đọc truyện trên: Truyen4U.Com